<p><strong>Le Mas de la Creu</strong> est né au Moyen Âge comme une ferme fortifiée, entourée de forêts et de chemins ruraux. À l'instar des autres bâtiments du Camp de Tarragone, ses premiers habitants étaient des familles d'agriculteurs qui alliaient vie quotidienne et surveillance de leur environnement. Ils vivaient de la vigne, des noisetiers et des caroubiers, et utilisaient la tour comme refuge en cas de danger.</p> <p>Au XVIIe siècle, la propriété appartenait à Macià Magrinyà, membre d'une des familles les plus aisées de la région. Comme c'était souvent le cas, la ferme s'agrandit avec de nouvelles dépendances agricoles et des espaces d'habitation organisés autour de la tour.</p> <p>Au fil du temps, et surtout à partir du XIXe siècle, la ferme perdit sa fonction défensive et fut réduite à une exploitation agricole. L'activité agricole diminua progressivement jusqu'à ce qu'au XXe siècle, la ferme tombe en ruine et soit partiellement abandonnée.</p>
Français (France)
<p style="text-align: justify;"><strong>La carrière de Mèdol</strong> était la principale source de pierre pour les grands édifices de Tarraco à l'époque romaine. Son élément le plus emblématique est le Clot, une vaste cavité d'environ 200 mètres de long et 20 mètres de profondeur, marquée par l'aiguille centrale qui indique l'ancien niveau d'extraction. <strong>La pierre de Mèdol</strong>, facile à travailler, a été utilisée pour des bâtiments importants tels que les remparts, le théâtre, le cirque, l'amphithéâtre et le forum provincial. De nombreux vestiges témoignent des techniques d'exploitation et de l'organisation du travail.</p> <p style="text-align: justify;">Après une période d'abandon, le site a suscité un regain d'intérêt, notamment à partir du XIXe siècle, où il a été reconnu comme un paysage naturel et un patrimoine archéologique exceptionnel. Au XXe siècle, plusieurs initiatives culturelles ont été proposées et des actions de protection et de restauration ont été entreprises, avec la création de parcours et d'espaces d'accueil. L'incendie de 2010 a mis au jour de nouveaux fronts d'extraction. Aujourd'hui, classé Monument Historique et Artistique, inscrit au BCIN et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, Mèdol est un site archéologique et géologique d'une grande importance pour l'ensemble de Tarraco.</p>
<p style="text-align: justify;">La carrière romaine de <strong>Punta de la Creueta</strong> est une ancienne carrière de pierre située en bord de mer, au nord de Platja Llarga. Elle fournissait des blocs de pierre pour la construction dans la région de Tarraco, grâce à la même veine de calcaire bioclastique que celle de Mèdol. Sa pierre, aux tons dorés et rougeâtres, avec des fossiles visibles, était particulièrement adaptée à la fabrication de pierres de taille et de blocs de construction. L'exploitation remonte au début du Ier siècle après J.-C. et est liée, entre autres, à la Tour des Scipions, située à environ 580 mètres.</p> <p style="text-align: justify;">Les traces de l'activité romaine sont encore visibles sur la roche : façades étagées, rainures, entailles cunéiformes, empreintes négatives des blocs extraits et fragments abandonnés en raison de fissures internes. Une partie de la carrière est submergée, ce qui rend difficile l'estimation de son volume exact, estimé à environ 1 500 m³. Aucune trace d'exploitation ultérieure n'a été relevée, bien qu'une tour de guet républicaine avec des tranchées y ait été établie pendant la guerre civile romaine ; ces vestiges sont encore visibles. Aujourd'hui, la carrière est un site d'intérêt géologique et historique qui préserve exceptionnellement l'empreinte directe des tailleurs de pierre romains dans un environnement côtier très bien conservé, offrant des informations précieuses sur les techniques d'extraction et l'ancien paysage de Tarraco.</p>
<p>La colline de <strong>Sant Simplici</strong>, haute de 111 mètres, est un point stratégique entre Tarragone, La Móra et El Gaià. Elle se distingue par sa vue imprenable sur le littoral et le contrôle du corridor naturel de la Via Augusta. Ce lieu mêle paysage naturel et patrimoine culturel, avec ses anciens chemins et ses fermes historiques témoignant d'une occupation et d'une surveillance du territoire au fil des siècles.</p> <p>À son sommet se dressent les vestiges d'une tour de guet du Haut Moyen Âge, probablement liée aux premiers temps de l'organisation territoriale <em>d'al-Andalus</em>. Cette tour, de plan circulaire, aux murs épais et à la construction simple, permettait une surveillance immédiate des environs. Bien qu'on lui ait souvent attribué des fonctions défensives ultérieures, les preuves documentaires restent insuffisantes. Le toponyme <strong>Sant Simplici</strong>, attesté depuis l'époque moderne, est associé à des traditions hagiographiques, même si son origine exacte demeure inconnue. Aujourd'hui, la colline constitue un point de vue naturel au sein de l'Anneau Vert de Tarragone, préservant la mémoire d'un ancien système de surveillance et s'intégrant à la mosaïque historique et paysagère du littoral tarragonais.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sanctuaire du Llorito, ou ermitage de Notre-Dame de Lorette, </strong>se situe sur le mont Morisques, au nord-est de Tarragone, dans un écrin de verdure près de la ville. Fondé vers 1552 par le prêtre Pere Mir après un voyage en Italie, il devint un centre important de culte marial, avec des processions et des prières, notamment pour implorer la pluie. Au fil des siècles, le sanctuaire subit des destructions lors de la guerre des faucheurs et de la guerre de Sept Ans, et fut reconstruit à plusieurs reprises, avec d'importantes rénovations aux XVIIIe et XIXe siècles.</p> <p style="text-align: justify;">La reconstruction moderne, commencée en 1957 et bénie en 1964, lui a donné son aspect actuel : une nef centrale avec une abside semi-circulaire, une arche parabolique et une tour de 26 mètres abritant un phare, avec des influences contemporaines et l'inspiration de la sainte patronne des aéronautes. Depuis 1970, les Pères Rogationistes veillent sur le sanctuaire et animent les activités religieuses, spirituelles et sociales. Ce secteur se distingue également par son intégration à <strong>l'Anneau vert de Tarragone</strong>, avec ses espaces de loisirs, ses zones de reboisement et ses sentiers historiques. De plus, il conserve des carrières exploitées aux époques romaine, médiévale et moderne, offrant un patrimoine archéologique et patrimonial d'une grande valeur, alliant dimensions religieuse, culturelle et historique au sein du paysage urbain et naturel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tour de la Móra</strong>, construite en 1562 sur ordre de l'Université de Tamarit suite à une attaque de corsaires documentée l'année précédente, fait partie du réseau de tours de guet qui surveillaient le littoral de Tarragone à l'époque moderne. Du haut de son promontoire, elle contrôlait une côte escarpée et peu peuplée, et permettait d'alerter rapidement la population grâce à des signaux de fumée et de feu. L'édifice, de plan circulaire et aux murs très épais, suit le modèle courant du XVIe siècle, avec des meurtrières, une haute porte et une hauteur d'environ douze mètres.</p> <p style="text-align: justify;">Avec la disparition progressive de la piraterie au XVIIIe siècle, la tour perdit sa fonction défensive, mais l'environnement naturel a préservé son caractère isolé. Au XXe siècle, la zone revêtit à nouveau un intérêt stratégique durant la guerre civile espagnole, et un remarquable sarcophage romain de style attique fut découvert près de la tour, aujourd'hui conservé au MNAT (Ministère du Patrimoine Naturel et Mémorial de Tamarit). <strong>La Torre de la Móra</strong> est aujourd'hui un élément patrimonial majeur au sein du <strong>Site d'Intérêt Naturel de Tamarit</strong>.</p>
